Critiques de théâtre, opéras, concerts (Marseille et région PACA), en ligne sur ce blog puis publiées dans la presse : CLASSIQUE NEWS (en ligne), AUTRE SUD (revue littéraire), LA REVUE MARSEILLAISE DU THÉÂTRE (en ligne).
B.P. a été chroniqueur au Provençal ("L'humeur de Benito Pelegrín"), La Marseillaise, L'Éveil-Hebdo, au Pavé de Marseille, a collaboré au mensuel LE RAVI, à
RUE DES CONSULS (revue diplomatique) et à L'OFFICIEL DES LOISIRS. Emission à RADIO DIALOGUE : "Le Blog-notes de Benito".
Ci-dessous : liens vers les sites internet de certains de ces supports.

L'auteur

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Agrégé,Docteur d'Etat,Professeur émérite des Universités,écrivain,traducteur,journaliste DERNIÈRES ŒUVRES DEPUIS 2000: THÉÂTRE: LA VIE EST UN SONGE,d'après Caldéron, en vers,théâtre Gyptis, Marseille, 1999, 2000; autre production Strasbourg, 2003 SORTIE DES ARTISTES, Marseille, février 2001, théâtre de Lenche, décembre 2001. // LIVRES DEPUIS 2000 : LA VIE EST UN SONGE, d'après Calderón, introduction, adaptation en vers de B. Pelegrín, Autres Temps, 2000,128 pages. FIGURATIONS DE L'INFINI. L'âge baroque européen, Paris, 2000, le Seuil, 456 pages, Grand Prix de la Prose et de l'essai 2001. ÉCRIRE,DÉCRIRE L'AMÉRIQUE. Alejo Carpentier, Paris, 2003, Ellipses; 200 pages. BALTASAR GRACIÁN : Traités politiques, esthétiques, éthiques, présentés et traduits par B. Pelegrín, le Seuil, 2005, 940 pages (Prix Janin 2006 de l'Académie française). D'UN TEMPS D'INCERTITUDE, Sulliver,320 pages, janvier 2008. LE CRITICON, roman de B. Gracián, présenté et traduit par B. Pelegrín, le Seuil, 2008, 496 p. MARSEILLE, QUART NORD, Sulliver, 2009, 278 p. ART ET FIGURES DU SUCCÈS (B. G.), Point, 2012, 214 p. COLOMBA, livret d'opéra,musique J. C. Petit, création mondiale, Marseille, mars 2014.

mardi, septembre 26, 2017

BORN FOR MARSEILLE, BORN DE MARSEILLE…


MARSEILLE MES AMOURS Cabaret d'opérettes marseillaises le 7 octobre à 15h à Sainte Marguerite
RES: 04 91 26 09 06

 

Un récital conçu et mis en scène par Jean-Christophe Born qui met à l'honneur le fabuleux répertoire de l’opérette  de Vincent Scotto. 

 
Perrine CABASSUD (Soprano), Jean-Christophe BORN (Ténor) et Cyrille MULLER(Accordéon) vous entraînent dans les années 30, au travers de larges extraits des joyeuses opérettes marseillaises:
Auprès de "Miette" vous descendrez "A petit pas" ,"La Canebière", pour finir par danser  "Le plus beau de tous les tangos" du monde dans "Un petit cabanon" au rythme des "Pescadous"...une véritable plongée dans le doux passé des belles heures marseillaises
.
 
PLEIN TARIF 15 EUROS
TARIF REDUIT (chômeurs, handicapés, enfants -12 ans) 10 EUROS

dimanche, septembre 24, 2017

OCTOBRE LYRIQUE À L'OPÉRA DE MARSEILLE


Enregistrement 18/9/2017, passage, semaine du 25/9

RADIO DIALOGUE RCF (Marseille : 89.9 FM, Aubagne ; Aix-Étang de Berre : 101.9)

« LE BLOG-NOTE DE BENITO » N° 285

lundi : 12h15 et 18h15 ; samedi : 17h30
Semaine 38

         L’Opéra de Marseille a ouvert en grand sa saison et grandes ses portes pour les journées du patrimoine des 16 et 17 septembre, permettant à un public nombreux de visiter cette vaste et superbe maison et d’assister pendant deux heures aux répétitions de la première œuvre au programme, Le dernier jour d’un condamné à mort d’après le texte fameux de Victor Hugo, une création d’aujourd’hui des frères Alagna. De cette fratrie, on connaît surtout, bien sûr, le célébrissime ténor français d’origine sicilienne, Roberto Alagna. On ignore souvent que ses deux frères, Frederico et David sont aussi deux artistes, qui ont travaillé, racontent-ils, à quatre mains pendant vingt ans : peintures, sculptures, décors, affiches, mises en scène, composition de mélodies françaises, arrangements de chansons napolitaines pour guitare, orchestrations... Or, sur une idée de Frederico qui lui soumet le texte de Victor Hugo, Roberto, le ténor, ébauche un livret qu’il soumet à son tour à ses deux frères et, David commençant aussitôt la musique, Roberto et Frederico, qui retravaille le livret, lui en abandonnent la composition complète.


         Le Dernier Jour d’un Condamné parut en 1829, Victor Hugo l’écrivit en voyant avec horreur le bourreau graisser la guillotine sur une place. Le livret met en parallèle une cellule à Paris en 1828 et, sur un plateau tournant, en 2000, une femme condamnée à mort dans un pays indéterminé. De nombreux personnages interviennent dans les deux cellules, mais l’issue est forcément l’exécution pour tous les deux dont la culpabilité ne fait pas de doute : pas d’action au sens théâtral du terme donc autre que cette insupportable attente des deux personnages.

         Par bonheur, cet opéra n’est pas d’actualité en Europe. En France, la peine de mort fut abolie en 1981, les dernières exécutions remontent à 1977, quarante ans exactement, dont une à Marseille. Mais, y recevant même trois récompenses, la création eut lieu en Hongrie en 2009, bien que ce pays, contrevenant aux principes de l’Union européenne, soit favorable, au rétablissement la peine capitale, tout comme la Turquie.

Naturellement, dans cet ouvrage la voix se taille la part du lion, celle de Roberto, bien sûr, qui bénéficie d’un sur mesures à la sienne par son frère. Mais le rôle de la femme est tout aussi bien traité, et c’est la magnifique Adina Aaron qui l’incarne.  Le reste de la distribution est de grande qualité, la direction musicale incombe à Jean-Yves Ossonce, et la mise en scène à Nadine Duffaut.    

Le Dernier Jour d’un Condamné de David Alagna.

Jeudi 28 septembre, 20 h, dimanche 1 octobre, 14h30 et mercredi 4 octobre, 20 h. 


         La seconde œuvre au programme, assez rare, est un opéra en français de Donizetti, La Favorite, créé à Paris en 1840.  L'histoire se déroule au début de XIVe siècle en Espagne, inévitable conflit d’amour qui affronte le roi de Castille Alphonse XI, sa maîtresse, Leonora de Guzmán aimée par Fernand, un novice qui s’est défroqué pour ses beaux yeux, sans savoir qu’elle est la favorite du monarque. Elle-même tombe amoureuse du jeune homme. Nous écoutons un grand baryton français ancien, à l'admirable diction, Charles Cambon qui, en 1931, sans mention d'orchestre du disque Malibran, chante ici le roi qui va consentir à offrir la main de sa favorite pour récompenser Fernand l'ex-moine devenu chevalier et enfin un héros en triomphant des maures.

1) DISQUE I, PLAGE 8
  Tout pourrait ainsi bien finir, bien sûr, mais cela finira mal en bon opéra romantique : horrifié de la savoir favorite du roi, le héros nouvel rejette l'offre du roi, abandonne les armes et retourne à son couvent, laissant mourir d'amour et de chagrin la belle indigne de sa vertu si elle était digne de sa bravoure.
     Opéra à la vocalité belcantiste des plus virtuoses.

         La Favorite de Donizetti, version concertante, les 13, 15, 18 et 21 octobre sous la direction de Paolo Arrivabeni.


Autre opéra en version concertante, dirigé par Giuliano Carella, c’est Tancredi, premier succès d’un Rossini qui n’avait pas 21 ans, d’après la tragédie de Voltaire. Créée à Venise en 1813, l’ouvrage nous amène dans la Sicile médiévale affrontée aux Sarrasins. Déguisements, quiproquos, lettre explicative perdue, tout conspire à compliquer les amours entre Amenaïde qu’on marie contre son gré et le chevalier Tancrède, banni de Syracuse, auquel elle demande de venir la retrouver, déguisé, et aussi de délivrer le pays des envahisseurs musulmans. Mais son père lui ordonne d'épouser Orbazzano, et lui apprend que Tancredi risque la mort s'il est surpris à Syracuse. Et voilà qu’Aménaïde, qui retrouve à peine son amant Tancrède qu’elle a fait venir, sans rien lui expliquer ni des menaces qui pèsent sur lui ni du mariage qui la menace, pour sauver la vie de son amant, l'exhorte à quitter Syracuse où il vient tout juste de débarquer clandestinement. Malentendu, lettre sans signature interceptée, mariage prévu non avoué et découvert, comment ce pauvre Tancrède, si heureux de la retrouver, s'y retrouverait-il? Ah, ces innocentes héroïnes qui s'empêtrent elles-mêmes dans une fausse culpabilité qu'un seul mot suffirait à dissiper, qu'elle ne diront pas! Nous écoutons les difficiles explications entre Amenaïde, chantée par la soprano Eva Mei, et Tancredi, rôle travesti, chanté par une femme faute de castrats, passés de mode à l'époque de Rossini, interprété ici par la mezzo Vesselina Kasarova, dirigées par Roberto Abbado à la tête du Münchner Rundfunkorchester :

2) DISQUE II : PLAGE 2.

Mais on ne peut parler de Tancredi de Rossini sans évoquer son air le plus célèbre, si célèbre qu’il a occulté tout l’opéra. Nous revenons avant le malentendu amoureux. Plein d’espoir, Tancrède chante sa joie de retrouver, de revoir enfin sa bien-aimée : "Mi rivedrai, ti revedró…" Stendhal, qui adorait Rossini, raconte que cette cavatine virtuose fut écrite par le jeune maître le temps qu’on lui fasse cuire, en quelques minutes, le riz de son repas. C’est pourquoi « Di tanti palpiti… » est surnommé, à tort ou à raison, « l’aria del riso », ‘l’air du riz’, du risotto. En tous les cas, cet air allait devenir un des plus populaires de la première moitié du XIXe siècle, programmé ar le malheueux Beethoven pour attirer du public à l'un de ses concerts, parodié par Wagner dans ses Maîtres chanteurs. Nous  l'écoutons un extrait chanté par Marilyn Horne dirigée par Henry Lewis à la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande :

3) DISQUE III, PLAGE 6

Tancredi de Rossini, les 24 et 26 octobre. 
ET VOILÀ DONC LE PROGRAMME LYRIQUE D’OCTOBRE DE NOTRE OPÉRA, SANS COMPTER LES CONCERTS DIVERS QU'ON TROUVERA AISÉMENT SUR LE SITE.


  









mardi, septembre 12, 2017

LA ROQUE CHEZ NOUS


 

FESTIVAL INTERNATIONAL DE PIANO DE LA ROQUE D'ANTHERON



vendredi 15 septembre 2017 – 20h00 – Philippe Giusiano

Dans le cadre de son partenariat avec le Département des Bouches-du-Rhône,
le Festival propose un concert Hors Saison, avec le pianiste Philippe Giusiano
le vendredi 15 septembre 2017 à 20h00
dans la cour d'Honneur du Château Borély à Marseille
(132 Avenue Clôt Bey - Place Carthaillac - 13008 Marseille)




Programmation

Vendredi 15 septembre 2017– 20h00 

 Cour d'Honneur du Château Borély
Marseille



Philippe Giusiano, piano

Chopin :           . Prélude en ut dièse mineur opus 45
. Fantaisie Impromptu en ut dièse mineur opus 66
. Barcarolle en fa dièse majeur opus 60
. Vingt-quatre Préludes opus 28

Renseignements-réservations : ( : 04 42 50 51 15  - courriel : info@festival-piano.com  -
             web : www.festival-piano.com
Tarifs : 20,00 € - jeune et étudiant : 16,00 € (placement libre)


Biographie

Philippe Giusiano piano
     Vainqueur du 13e Concours Chopin de Varsovie en 1995, Philippe Giusiano fait figure de référence dans l’interprétation des œuvres du compositeur polonais. Ses études de piano commencées à l’âge de 5 ans, il étudie au Conservatoire de Marseille avec Odile Poisson et Pierre Barbizet et devient à 13 ans le plus jeune lauréat du concours Liszt des Pennes Mirabeau (1986). L’année suivante, il remporte également le Premier Prix du concours Darius Milhaud (1987), avant d’intégrer le CNSMD de Paris où il obtient à 16 ans un Premier Prix à l’unanimité dans la classe de Jacques Rouvier. Il se perfectionne alors avec Karl-Heinz Kämmerling au Mozarteum de Salzbourg, puis avec le pianiste et compositeur polonais Milosz Magin. Invité de prestigieux festivals en France et à l’étranger - La Roque d’Anthéron, festivals Chopin de Nohant et Bagatelle, Les Nuits Romantiques du Lac du Bourget, Festival de la Ruhr en Allemagne, Ravello en Italie, Festival “Chopin i jego Europa” à Varsovie… -, il est applaudi sur de nombreuses scènes à travers le monde - Carnegie Hall de New York, Concertgebouw d’Amsterdam, Théâtre de Vérone, Scala de Milan, Suntory Hall de Tokyo, Salle Gaveau à Paris... -, et se produit sous la direction de grands chefs tels Antoni Wit, Krzysztof Penderecki, Philippe Entremont, Yutaka Sado, Jacek Kaspszyk et Grzegorz Nowak. Au disque, ses interprétations des œuvres de Rachmaninov et de Chopin ont reçu un accueil chaleureux de la critique et du public, tout particulièrement ses enregistrements des Études et des Préludes de Chopin, parus chez Mirare et qui ont fait l'unanimité auprès de la presse internationale. Son tout dernier album consacré aux œuvres de jeunesse de Chopin et enregistré pour le label de l’Institut Chopin de Varsovie est attendu pour l'été 2017.





LA PAROLE, LE GESTE, LA VOIX : THÉÂTRE…


Les Lundis à partir du 18 septembre 2017 

THÉÂTRE /LECTURE /ORALITÉ
Ateliers...
       ... conduits par Jean-Claude Nieto, metteur en scène 
Objectifs des ateliers :
- Pratique du jeu théâtral par le texte (classique et contemporain)
- Transmission d'un texte par la lecture à haute voix (littéraire ou autre)
- Prise de parole en public.
Possibilité de travail en espagnol.
Les Participants :
- Ateliers ouverts à tout public (amateur ou professionnel) dès l'âge de 8 ans 

Renseignements pratiques :
- Jour et horaire : Lundi 17h30 à 19h30 (hors vacances scolaires)`
- Lieu : Maison des Arts et des loisirs créatifs (M.A.L.C)
233 Corniche Kennedy – 13007 Marseille – (Possibilité parking- Bus n° 83)
- Participation financière : 155 € par trimestre
- Contact et inscriptions :
Texte et Projets 06 82 21 61 58 - jean-claude.nieto@orange.fr
06 61 33 71 57 – fjouve.13@gmail.com
Quelques citations qui participent d'une réflexion sur la conduite de l'atelier :
« ...le texte nous lit, nous questionne, dans la lecture à haute voix... » - Errata de G. Steiner ;
« ...
le son est la matière orale du sens... » - La rime et la vie de H. Meschonnic ; « ...on ne lit pas un sens mais des mots... » - extrait de Dire la poésie

Jean-Claude Nieto 

est comédien, metteur en scène, traducteur, adaptateur, spécialiste de la lecture à haute voix.
Comédien – metteur en scène
Elève d'Etienne Decroux, après des spectacles comme acteur (Bernard Sobel, Bruno Bayen, Trevor Vibert, Guy Parigaud, Jean Signé...), il devient metteur en scène : Molière, Racine, Shakespeare, Musset, Zweig, Schnitzler, Skármeta, Dubillard, entre autres.
Textes et musiques
En outre, il crée plusieurs spectacles alliant musique et littérature (Letras del Sur, Le Fou d'Elsa, Biographie d'un amour, Les poètes du tango, Regard blessé, Du galop dans le sang...).
Il participe à de nombreuses manifestations littéraires au cours desquelles il lit Octavio Paz, Mahmoud Darwich, Luis Sepúlveda, René Char, Michel Butor, Jean-Christophe Rufin, Saint-John Perse, Benito Pelegrín et de nombreux écrivains. Il lit Albert Camus à la Cité du livre (Aix-en-Provence 2013) :
Un auteur sans commentaires, à l'occasion du centenaire de sa naissance.
Dernières réalisations et projets
Traduction, adaptation, présentation de « Inocentes golondrinas » (Naïves hirondelles) et représentations de « Paradero desconocido » (Inconnu à cette adresse) - Buenos Aires avril 2017 ;
Performances dans le cadre de "Book Project International " - Atelier Vis-à-Vis Marseille ; Actions éducatives du Département : « Le dieu du carnage », « Le facteur de Neruda »,

« Inconnu à cette adresse ».

dimanche, septembre 10, 2017

L'ARMÉNIE AU CŒUR : ARARAT


Enregistrement 4/9/2017, passage, semaine du 11/9//16/9/17

RADIO DIALOGUE RCF (Marseille : 89.9 FM, Aubagne ; Aix-Étang de Berre : 101.9)

« LE BLOG-NOTE DE BENITO » N° 283

lundi : 12h15 et 18h15 ; samedi : 17h30

Semaine 36        
         Les vacances sont finies ou s’achèvent. La reprise s’amorce dans le proche quotidien. Mais, pour rêver encore un peu d’horizons lointains, voici un disque récent qui nous parle d’hier en nous faisant réfléchir à aujourd’hui. C’est un CD du label Ambronay, du groupe de musique ancienne d’Emmanuel Bardon Canticum novum et s’appelle ARARAT, sous-titré « France-Arménie, un dialogue musical ».
         Le mont Ararat, appelé Masis par les Arméniens, est un volcan recouvert de neiges éternelles, dont le sommet culmine à 5 165 mètres et en fait le plus élevé de Turquie dont il fait partie désormais. Il reste cependant un symbole cher aux Arméniens, d’autant que la Bible (livre de la Genèse 8,4) mentionne pour la première fois le mont Ararat où se serait échouée l'Arche de Noé après le Déluge. Ce disque, dont le projet fut soutenu par la Fondation Bullukian parlera beaucoup au cœur de nos concitoyens d’origine arménienne tout en nous berçant d’un charme étrange comme une mémoire musicale lointaine ressuscitée ou vivifiée par Canticum novum bien nommé : musiques, cantiques, chants anciens rendus neufs à nos oreilles d’aujourd’hui. 

Spécialiste de musiques anciennes, l’ensemble Canticum Novum s’est forgé une identité singulière en puisant son répertoire dans des identités plurielles diverses, avec le facteur commun des traditions du bassin méditerranéen et des cultures qui en sont issues ou proches. Ainsi, répertoires afghans, turcs, persans, arabes, séfarades, arméniens et chypriotes du XIIIe au XVIIe siècle, sont tissés fraternellement avec les musiques d’Europe occidentale, tissage complexe mais simple à l’écoute, entre musique populaire et la musique savante qui y puise des racines. Bref, une croisée de chemins, de cultures et d’expressions artistiques, de musiques immémoriales qui restent encore très vivantes. Elles témoignent d’un passé toujours vivace et nous invitent aujourd’hui au respect et à la tolérance : la convivencia ancienne des Espagnols, ce "vivre ensemble" dont on se gargarise tant aujourd'hui, alors qu'il est battu en brèche par les nationalismes et les fanatismes, qui on une même origine : la peur et la haine de l'Autre. Ce disque de Canticum novum en est le vif témoignage, comme leur précédent, Shalom, Samlem, Paz, ‘Paix’, respectivement en hébreu, juif et espagnol (cultures qui surent coexister dans l'Espagne médiévale) que j’avais salué ici et ailleurs.
Nous en écoutons un premier extrait, un poétique chant traditionnel de l’Arménie du nord qui fut recueilli par le fameux Révérend Père Komitas ou Gomitas (1869-1935), un précurseur de l’ethnomusicologie moderne qui collecta et sauva quelque 3000 chants populaires. Ici, Barbara Kusa nous chante le Mont Alakias avec fraîcheur et fervuer :
1) PLAGE 6
Ce programme musical Ararat, qui a donné lieu à divers concerts, avec le résultat aujourd’hui de ce disque, fut conçu par Emmanuel Bardon en 2015, à l’occasion du centenaire du génocide Arménien, désormais reconnu officiellement, comme un dialogue interculturel entre la France et l’Arménie. Des liens —dont on eût aimé qu’une préface nous en dît davantage— furent noués entre les deux pays, il y a fort longtemps, à l’époque terribles des Croisades, impitoyables guerres mais qui, finalement, mirent en contact, des cultures qui s'ignoraient sauf en Espagne. Cette étroite relation entre les deux royaumes chrétiens fut établie dès 1252, quand Léon II de Lusignan, issu d’une noble famille poitevine, est nommé roi de Chypre, de Jérusalem et d’Arménie. L’influence de cette famille perdurera, avec plus ou moins d’intensité jusqu’en 1375, et la fin du royaume d’Arménie sous les coups des Turcs.
Canticum novum a intégré au disque deux airs séfarades, c’est-à-dire judéo-espagnols, autrement dit appelés ladinos, 'latin', par les Juifs pour les distinguer de l'hébreu, avant d'être chassés d’Espagne en 1492. Nostalgiques de "Sefarad", l'Espagne, les exilés s’établirent dans le pourtour méditerranéen, gardant au cœur, avec la blessure de la perte  du pays abandonné, un inestimable patrimoine culturel de cette ingrate Espagne ancienne qui les chassait de la patrie et les pourchassait, même convertis, sur le territoire péninsulaire. L’un de ces chants est un romance, et non une romance comme il est surnommé à tort dans le disque. Le romance est un bref poème octosyllabique narratif, assonancé régulièrement aux vers pairs, patrimoine hispanique qu’emportèrent les Juifs dans leur exil, conservant comme des trésors, préservés grâce à eux, des chants aujourd’hui disparus en Espagne.
Nous écoutons le second de ces chants, appelé encore à tort romance, car il est à six pieds, sans assonance régulière et n’es donc pas un romance. Il est chanté par Emmanuel Bardon et parle de ‘Mères éplorées ‘ sur la perte d’Israël, sur le malheur de l’exil, qui est bien universel, et a frappé si durement les Arméniens, légitimant l’inclusion ici de ce morceau qu’on dirait allogène :
2) PLAGE 13
On félicitera le chanteur d’avoir fait l’effort —sensible— de chanter le texte avec la prononciation des séfarades, qui est celle du vieux castillan de l’époque de leur expulsion qu’ils ont fidèlement conservée et, encore grâce à eux, les Espagnols ont la chance de savoir comment se prononçait leur langue à la fin du XVe siècle. Les chants séfarades sont très à la mode et l’on est affligé d’entendre que tant de chanteurs qui se frottent à ce répertoire,  ne prennent pas la peine d’en étudier la prononciation, se contentant de les chanter comme de l'espagnol moderne et encore plus ou moins bien prononcé. 
 Si chaque morceau est bien présenté dans le livret du disque, avec la nomination des instruments, on regrette cependant que le CD ne présente pas globalement l’instrumentarium, dont ce duduk nostalgique, instrument typiquement arménien, dont nous avons à Marseille un célèbre virtuose en la personne de Levon Minassian.
On aurait aussi aimé quelques mots sur l’histoire de l'Arménie, sur cette cour médiévale dont on nous joue les musiques.  L’Arménie d’aujourd’hui, enclavée entre la Géorgie au nord, l’Azerbaïdjan à l’est, l’Iran au sud, la Turquie à l’est, sans accès à la mer, fut un immense royaume durant l’Antiquité, comprenant, un siècle avant notre ère, partie de l’Iran, de la Syrie et de la Turquie actuels, s’étendant de la mer Noire à la Méditerranée, englobant le Liban. 
On sait désormais le génocide subi par le peuple Arménien. Un chant poignant sur lequel nous nous quittons, interprété par Varinak Davidian, nous rappelle les massacres de la ville d’Adana en 1896 et 1909, atroce prélude de 1915 : 
3) PLAGE 2
CD du label Ambronay, ARARAT, sous-titré « France-Arménie, un dialogue musical » par Canticum novum d'Emmanuel Bardon.
 Musique liturgique et populaire arménienne, chants séfarades.
Musique française : Estampies et Danses Royales – Le Manuscrit du Roi ca. 1270-1320.

Interprètes : trois chanteurs et neuf instrumentistes
Barbara Kusa, Emmanuel Bardon, Varinak Davidian  : chant ; Aliocha Regnard : nyckelharpa & fidula ; Emmanuelle Guigues  : kamantcha & vièle ; Valérie Dulac : violoncelle, vièle & lyre d’archet ; Spyros Halaris : kanun ; Philippe Roche : oud ; Gwénael Bihan : flûtes à bec ; Agop Boyadjan : duduk ; Ismaïl Mesbahi, Henri-Charles Caget : percussions.

http://www.canticumnovum.fr 

Écoutable sur : 
http://www.qobuz.com/fr-fr/album/ararat-canticum-novum-and-emmanuel-bardon/3760135104499

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